Spectacle conçu par la poétesse Ada Bonora

et le compositeur Dominique Lièvre

Pour mezzo Soprano , orchestre à cordes et Harpe 

Autour des Kindertotenlieder de Gustav Mahler

et le recueil de poèmes "Enfanté par l’oubli "de  Ada Bonora

Enfanté par l 'oubli

Disponible également en Version pour Quintette à cordes , Harpe et   voix

Ada Bonora : Alto

Blerta Zhegu : Soprano

Les Interprètes : « Les solistes d’Avignon »

Ensemble constitué de Solistes de L'ORAP

Cordelia Palm : violon
Sophie Saint-blancat : Violon
Alienor Girard-Guigas : Harpe
Fabrice Durand : Alto
Emmanuel Lécureuil : Violoncelle

Nathalie Delorme  : Contrebasse

Mahler en a sélectionné cinq pour en faire des Lieder, qu'il composa entre 1901 et 1904. Leschansons sont écrites dans un style de fin du romantisme et, comme les textes, reflètent un mélange de sentiments: angoisse, fantastique de la réanimation des enfants, démission... La dernière chanson se termine par une clé majeure et une humeur de transcendance.
Le cycle, d’une durée de vingt minutes, a été composé pour voix d’alto et orchestre symphonique.

 

Dominique Lièvre en propose une réduction pour voix d’alto , Quatuor à Cordes et Harpe. Pour compléter cette partie de programme, le compositeur a souhaité mettre en musique des poèmes écrits par Ada Bonora sur le thème de l’enfance dans une perspective plus contemporaine liée aux problématiques actuelles de la faim, de la guerre, de l’exil ou encore de la maltraitance desenfants dans le monde.
Sept poèmes constituant le recueil « Enfantés par l’oubli » sont interprétés par une voix d’alto, Quatuor à Cordes et Harpe. Un autre texte : « Nous étions trois enfants » a également été mis en musique dans une version voix parlée , quatuor à Cordes et Harpe 

 

Genèse du projet :


Les Kindertotenlieder d'origine étaient un groupe de 428 poèmes écrits par Rückert en 1833-34 [2] dans une effusion de douleur suite à la maladie et la mort de deux de ses enfants.

Les poèmes montrent un acquiescement silencieux au destin et à un monde pacifique de réconfort. Ils n’étaient pas destinés à la publication.

Ils sont apparus dans la presse en 1871, cinq ans après la mort du poète.
 

Outre les différentes difficultés auxquelles les enfants des pays qui connaissent  des situations

dramatiques sont confrontés, les auteurs de ce projet sont interpellés par les importants enjeux de

notre société liés à l'enfance en difficulté et à l’accueil des réfugiés en Europe aujourd’hui.

Afin de contrebalancer la tonalité assez sombre de leur proposition artistique, ils souhaitent projeter au cours du concert des images de dessins d’enfants et de jeunes concernés par les situations de migration afin de participer à leur manière à cet effort d’intégration, d’adaptation, decompréhension et de solidarité que tout un chacun doit être amené à faire dans le contexte très particulier que nous vivons.

Les dessins ont été produits au cours d'ateliers d'arts plastiques menés par Ada Bonora auprès d'enfants et de jeunes réfugiés.

 

Le dialogue est plus que jamais nécessaire, l’ouverture d’esprit et la confiance sont les piliers qui doivent soutenir l’espoir que les jeunes générations parviennent à vivre dans le climat apaisé auquel elles ont droit afin de ne pas réitérer les mêmes erreurs qui conduisent à la haine et à la destruction.

Notes du compositeur Dominique Lièvre


Mettre en Echo « das Kindertotenlieder » de Gustave Mahler avec la poésie de la poétesse

AdaBonora, c’est un peu , pour moi appeler l’aurore avec son cortège de peur issue de cette nuit

où les hommes, ivres de leur image, en oublient la fragilité et la beauté de l’ enfance.
L’idée de croiser cette oeuvre majeure de Gustave Mahler en en faisant une adaptation pour
Orchestre à cordes et mezzo-soprano avec cette création en forme de cycle appelant dans chacun
de ses gestes un prénom d’enfant comme pour nous rappeler que partout et constamment dans
notre monde contemporain, on tue, condamne, maltraite, ignore, notre propre avenir,

est pourmoi une nécessité.
 

Omar, Awa , Ismaël , Zayane, Tierno, Nouh, Sanjukta ,

autant de prénoms d ‘enfants qui sonnent dans cette fin de nuit dont l ’aube tarde à arriver !

Wenn dein Mütterlein - Gustave Mahler
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Détail du programme :


Das kindertotenlieder Pour Mezzo Soprano , orchestre à cordes et harpe 


Musique de Gustave Mahler poème de Friedrich Rùckert (25 mn) 1901/1904

 

  Prélude de l’ aube                      pour orchestre à cordes et harpe
     "Omar "            pour mezzo soprano et orchestre à cordes et harpe"

" Awa "              pour mezzo Soprano ,orchestre à cordes et harpe
"Ismaèl                        pour récitante orchestre à cordes et harpe 

            "Zayane"          pour mezzo soprano et orchestre à cordes et harpe          

  "Nouh"                        pour récitante ,  orchestre à cordes et harpe 

  "Tierno "           pour mezzo soprano et orchestre à cordes et harpe
    " Sanjukta "       pour mezzo soprano et orchestre à cordes et harpe   

     
" Nous étions trois enfants"     pour récitante 
orchestre à cordes et harpe 


Poémes de Ada Bonora      Musique de Dominique Lièvre ( 35 mn)  2016 /2017

 


Extraits  des Poèmes "Enfanté par l'oubli" de Ada Bonora


Awa 
Tu as posé ton souffle sur moi
Tu as posé ta main sur mon front
Tu as posé tes yeux
Intenses
Intenses
Si près
Pour qu’ils me cachent le monde.
Aucun jour n’a existé
Hors de ton ombre penchée sur moi.
Tu m’as bercé dans l’absence de sourire
Tu m’as chanté de ta voix rauque
Des chants d’amour vastes
Comme ce qu’il y aurait eu à comprendre.
Tu as caressé ma joue épuisée
Tes doigts ont vaguement joué
Dans mes cheveux de sable
Tu as posé tes lèvres sur mon front
Tu as soufflé pour que j’oublie
La profondeur de tes yeux noirs
Intenses
Intenses
Si grands qu’ils m’ont fermé le monde
Tu m’as cherché
Sous mes paupières
Ranimé trop souvent mes yeux éteints
Quelquefois je me suis cru vivant
A boire le vide de tes seins.

 


Extrait de Nous étions trois enfants


Soudaine nécessité d’une course vers les sous-bois
Intensité jubilatoire d’un vert tapis de feuilles qui disculpent ma colère
Je m’allonge comme avidement jetée
Je colle mon oreille à d’autres bruits
Jusqu’à l’enfouissement
Loin de la roche fêlée restée inconsolable
La terre est meuble sous ma main
Affamée d’onctuosité
Ce n’est pas l’effondrement mais
L’aveu d’un endroit vulnérable
Enfance

.........................................
Il y avait tous nos jeux
Dans l’herbe morne du jardin clos
Parallèles à la conscience pleine
Des enchevêtrements anarchiques de la forêt autour.
Bribes.
Nous étions trois
Nous étions trois enfants car
C’était bien de l’Enfance à ses façons d’absolu
Infaillible imagination où nous puisions
Nos vrais rires car
Nous n’avions pas accès à des joies évidentes.

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